Affaire Rebo Tchulo : la chanteuse condamnée à 12 mois avec sursis, elle échappe à la prison

Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a rendu son verdict ce jeudi 27 août 2026. Reconnue coupable d’incitation de militaires à des actes contraires à la discipline des FARDC, Déborah Tshimpaka Mulanga, alias Rebo Tchulo, écope de douze mois de servitude pénale principale assortis d’un sursis de vingt-quatre mois. Elle recouvre sa liberté de mouvement.
Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a fixé ce jeudi 27 août le sort de la chanteuse Rebo Tchulo. La juridiction l’a reconnue coupable de l’infraction d’incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Une peine assortie du sursis
Le tribunal a prononcé une peine de douze mois de servitude pénale principale, assortie d’un sursis de vingt-quatre mois. Aucune amende n’a été mise à la charge de l’artiste, qui, du fait du sursis, n’ira pas en prison.
La juridiction a par ailleurs ordonné la levée de la mesure du parquet militaire qui interdisait à la chanteuse de quitter le territoire national. Cette décision lui permet de retrouver sa liberté de déplacement.
Volet civil : la chanteuse exonérée, la République condamnée
Sur le plan des réparations, le tribunal a écarté la demande dirigée contre l’artiste. La partie civile, représentant Platini Sadisa Kasaï, réclamait 250 000 dollars américains de dommages et intérêts. Rebo Tchulo n’est finalement pas concernée par le paiement de cette somme.
C’est la République qui a été condamnée à verser 20 000 dollars de dommages et intérêts. L’État congolais avait été appelé en garantie dans cette procédure et contestait, par la voix de son avocat, la demande de réparation.
La défense salue la décision
L’avocat de la chanteuse, Me Jean-Marie Kabengela Ilunga, s’est réjoui du verdict, estimant qu’il permet à sa cliente de recouvrer sa pleine liberté de mouvement et de reprendre l’ensemble de ses activités artistiques.
Retour sur l’affaire
Le dossier trouve son origine dans la disparition d’un sac lors d’un tournage de clip, avant de basculer avec la diffusion, le 19 avril, d’une vidéo montrant un homme frappé dans une parcelle de Kinshasa. Le chauffeur Platini Sadisa Kasaï accusait la chanteuse d’avoir ordonné son passage à tabac par des militaires dans la nuit du 17 au 18 avril 2026, ce qu’elle a contesté tout au long du procès en clamant son innocence.
Le parquet militaire avait requis quatorze mois de servitude pénale contre elle, et quarante mois contre le sous-lieutenant Zababu Musafiri, présenté comme le chef de la patrouille. Treize militaires, dont quatre en fuite, étaient poursuivis dans le même dossier pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires. Le sort réservé à ces co-prévenus n’a pas été précisé dans l’immédiat.
Sources : audience du 27 août 2026 (compte rendu de la rédaction)
