Joseph Kabila dénonce un « refus méprisant » du pouvoir face aux initiatives de dialogue national

Dans un discours diffusé sur les réseaux sociaux le vendredi 9 octobre, l’ancien président congolais plaide à nouveau pour un dialogue national inclusif. Il accuse les autorités de rejeter les médiations régionales, continentales et religieuses. Le porte-parole du gouvernement a répliqué le jour même.
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a de nouveau appelé à un dialogue national inclusif pour sortir le pays de la crise. Dans un discours diffusé vendredi 9 octobre sur les réseaux sociaux, il a reproché aux autorités actuelles un « refus méprisant » face aux initiatives en ce sens.
Pour l’ancien chef de l’État, « le dialogue n’est pas une option ». Il le présente comme une voie nécessaire pour rétablir la paix et renforcer la cohésion nationale. Il accuse le pouvoir de chercher la soumission de ses opposants plutôt que le compromis. Selon lui, l’absence de dialogue aggrave la crise politique et sécuritaire.
Les médiations citées
Joseph Kabila a rappelé les démarches des organisations régionales d’Afrique de l’Est, d’Afrique australe et d’Afrique centrale, ainsi que celles de l’Union africaine et de plusieurs pays partenaires. Il a aussi mentionné l’initiative de dialogue pour la paix et le vivre-ensemble portée par les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). D’après lui, elle est soutenue par une large partie de la population et par des acteurs politiques et sociaux.
Il a également évoqué la situation sécuritaire dans l’Est du pays, critiqué les initiatives en faveur d’un changement de la Constitution et mis en garde contre ce qu’il juge être une confiance excessive du président Félix Tshisekedi dans le soutien de Washington, après l’accord sur les minerais stratégiques.
Un appel à agir
L’ancien président estime que la situation exige une action urgente. Il a invité les Congolais à prendre leurs responsabilités face à ce qu’il décrit comme une menace pour l’existence de la nation et de l’État.
Son intervention prolonge celle du 23 mai 2025, où il avait présenté un programme en douze points. Celui-ci comprenait la fin de la guerre, le rétablissement de l’autorité de l’État sur tout le territoire, la restauration de la démocratie et des libertés, et la réconciliation nationale. Il prévoyait aussi la neutralisation des groupes armés nationaux et étrangers, le retrait des troupes étrangères et la reprise du dialogue avec les pays voisins.
La réponse du gouvernement
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a réagi sur les réseaux sociaux peu après la diffusion du discours. Il a accusé l’ancien président d’incarner le passé et de nostalgie pour des méthodes antidémocratiques, selon des médias qui relaient sa réaction.
Joseph Kabila a été condamné à mort par la justice congolaise. Ses partisans contestent cette décision, tout comme son exclusion d’un éventuel dialogue voulue par Kinshasa.
