RDC: La C64 réclame un dialogue national inclusif et rejette toute issue militaire

Réunie à Rome, la coalition Article 64 estime que la crise ne se réglera pas par les armes. Elle réagit aussi à l’adoption de la loi référendaire par l’Assemblée nationale, qu’elle juge incompatible avec la Constitution.
La coalition Article 64 (C64) affirme qu’il n’existe « pas d’issue militaire » à la crise en République démocratique du Congo. Dans une déclaration publiée depuis Rome, elle appelle à un dialogue national inclusif afin d’obtenir la cessation des hostilités, la réunification du pays et le renforcement de la cohésion nationale.
Ses principaux responsables étaient attendus dans la capitale italienne les 26 et 27 octobre pour une rencontre consacrée à la crise nationale et à la défense de l’ordre constitutionnel. Après cette étape, une tournée diplomatique est envisagée en Europe puis en Afrique, selon la presse congolaise.
Un appel à discuter avec toutes les parties
Selon la C64, les discussions doivent associer toutes les parties au conflit, afin de mettre fin à l’escalade militaire et à la crise humanitaire.
La coalition demande aussi que le processus de Doha soit mieux coordonné et débouche sur des résultats vérifiables. Elle cite :
- le respect du cessez-le-feu ;
- un mécanisme crédible de contrôle de sa mise en œuvre ;
- la protection des civils ;
- l’accès humanitaire.
Pour la C64, le moment est venu d’intégrer au dialogue national les questions de gouvernance prévues dans les six protocoles additionnels de Doha. Elle exige par ailleurs l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui demande notamment le retrait des troupes étrangères du territoire congolais.
La loi référendaire dans le viseur
Sur le plan politique, la coalition réagit au vote du 23 octobre. Ce jour-là, l’Assemblée nationale a adopté, après nouvelle délibération, le texte fixant les conditions d’organisation du référendum. Ce texte avait été renvoyé au Parlement à la demande du président Félix Tshisekedi, après une décision de la Cour constitutionnelle le déclarant conforme à la Constitution sous réserves.
« Une majorité parlementaire, quelle qu’elle soit, ne peut s’affranchir de la Constitution », rappelle la C64. À ses yeux, une loi référendaire ne peut contourner les verrous de l’article 220, notamment ceux relatifs au nombre et à la durée des mandats présidentiels.
La coalition affirme qu’aucune ambition personnelle, ni mission invoquée par Félix Tshisekedi et ses partisans, ne peut justifier « la confiscation du pouvoir » ni la remise en cause de l’alternance démocratique. Elle dénonce ce qu’elle qualifie de « projet de coup d’État constitutionnel », qui viserait à détourner les institutions et les forces de sécurité pour maintenir le régime au-delà des limites constitutionnelles.
Même exigence pour le pouvoir et le mouvement armé
La C64, qui tire son nom de l’article 64 de la Constitution, dit appliquer la même exigence au pouvoir et au mouvement armé. Elle condamne « avec la même fermeté » le recours aux armes pour conquérir le pouvoir et s’y installer.
Elle réaffirme son attachement à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la RDC. Sa ligne reste inchangée : non à tout changement de Constitution, non à un troisième mandat, non à un report des élections prévues en 2028, non à toute prise du pouvoir par les armes.
À noter : les positions rapportées ici sont celles de la C64. Le pouvoir défend son projet de consultation populaire, et l’opposition reste divisée sur la stratégie, notamment sur le format du dialogue.
