Processus de Doha : la RDC et l’AFC/M23 adoptent une feuille de route pour la suite des négociations

À l’issue de sept jours de pourparlers tenus du 17 au 21 août 2026 en Suisse, les délégations du gouvernement congolais et de l’AFC/M23 ont adopté une feuille de route fixant les étapes et le calendrier des négociations restantes dans le cadre de l’Accord-cadre de Doha. Les deux parties disent vouloir avancer vers un accord de paix global pour l’est de la RDC.
Les représentants du gouvernement de la République démocratique du Congo et de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) se sont accordés sur une feuille de route destinée à poursuivre les négociations de paix, au terme d’une nouvelle session tenue en Suisse du 17 au 21 août. L’annonce figure dans une déclaration conjointe publiée à l’issue des travaux.
Cette rencontre, la première depuis près de cinq mois après la session d’avril à Montreux, s’est déroulée en présence de représentants du Qatar, médiateur du processus, des États-Unis, du Togo au nom de l’Union africaine, de la Commission de l’Union africaine et de la Suisse, pays hôte.
Une feuille de route pour débloquer les protocoles restants
Selon la déclaration, les parties ont évalué les progrès et les difficultés rencontrés dans la mise en œuvre du processus, avant d’arrêter une feuille de route fixant les différentes étapes et un calendrier précis pour les négociations à venir. Elles se sont engagées à faire preuve de flexibilité et de créativité, tout en respectant la structure de l’Accord-cadre signé le 15 novembre 2025 à Doha.
Les deux camps ont également convenu que l’ordre dans lequel les protocoles seront négociés ne déterminera pas celui de leur mise en œuvre. Ils ont par ailleurs décidé de mettre en place un mécanisme chargé d’examiner les progrès réalisés et de répondre aux difficultés dans l’exécution des engagements souscrits.
Une première mission de vérification annoncée à Minembwe
Les parties se sont félicitées des avancées du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+), notamment de la création de son secrétariat. Une mission de reconnaissance a été menée le 20 août avec l’appui logistique de la MONUSCO, en préparation de la première mission de vérification du cessez-le-feu, prévue le 24 août à Minembwe, dans le Sud-Kivu.
Ce déploiement, s’il se concrétise, marquerait un tournant. Créé en avril à Montreux, le MCVE+ est resté bloqué pendant des mois, sans aucune mission de terrain ni rapport, notamment après l’expulsion en juillet d’un officier des FARDC déployé à Goma. Minembwe, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, demeure un point particulièrement sensible : la zone, passée sous le contrôle de milices alliées à l’AFC/M23, fait l’objet depuis plus d’un an d’alertes humanitaires et de tensions militaires persistantes.
Un processus qui reste fragile
Malgré ces avancées diplomatiques, aucun nouveau protocole n’a été négocié au cours de cette session, selon des sources proches du dossier. Sur le terrain, les combats se poursuivent dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, et les deux camps continuent de s’accuser mutuellement de violations du cessez-le-feu. L’AFC/M23, que Kinshasa et plusieurs rapports internationaux présentent comme soutenu par le Rwanda, ce que Kigali conteste, occupe toujours de larges portions de l’est du pays, dont les villes de Goma et de Bukavu.
Les deux délégations ont remercié le Qatar, les États-Unis, le Togo, la Suisse et la Commission de l’Union africaine pour leur appui à la recherche de la paix dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs. Des recommandations ont enfin été transmises à l’organe de facilitation sur la voie à suivre.
D’après la déclaration conjointe des parties publiée à l’issue de la session de Suisse
