Ebola en Ituri : Grève des agents de la riposte à Nia-Nia, alors que la traçabilité des fonds est contestée

Depuis le 23 octobre, les prestataires de la riposte contre Ebola ont arrêté le travail dans la zone de santé de Nia-Nia, en territoire de Mambasa. Ils réclament près de trois mois de primes. Le mouvement survient alors que l’Africa CDC demande des comptes sur plus de 700 millions USD de financements non retracés.
Les prestataires engagés dans la riposte contre Ebola sont en grève sèche depuis le vendredi 23 octobre dans la zone de santé de Nia-Nia, en territoire de Mambasa, en Ituri. Ils réclament le paiement de près de trois mois d’arriérés de primes.
Selon les grévistes, ils ne perçoivent plus rien depuis août. Ils annoncent la suspension de leurs activités jusqu’à la régularisation de leur situation financière.
Des activités essentielles à l’arrêt
Cet arrêt de travail pourrait perturber la surveillance épidémiologique, la sensibilisation des communautés et les mesures de prévention contre Ebola dans la zone. À ce stade, aucune réaction des autorités sanitaires ni de la coordination de la riposte n’a été rapportée.
Un débat en cours sur les fonds de la riposte
Cette grève intervient dans un climat marqué par une controverse sur la gestion des financements de la riposte. Le 14 octobre, à Kinshasa, le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a indiqué que les bailleurs avaient décaissé près de 962 millions USD, versés directement à des organisations internationales et ONG, et non au gouvernement congolais. Or, selon lui, les partenaires n’ont justifié qu’environ 200 millions USD lors de la réunion de suivi, laissant plus de 700 millions USD à retracer.
Jean Kaseya a précisé qu’il était trop tôt pour parler de détournement. Il évoque un problème de transparence et de reddition des comptes. Le ministre de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a rappelé que les organisations doivent justifier l’usage des fonds pour être accréditées. Selon l’ACP, celles qui ne l’ont pas fait sont interdites d’opérer dans la riposte.
Le 19 octobre, l’Institut national de santé publique (INSP) a présenté le dispositif de suivi des financements. Il fait état de montants renseignés entre 250 et 300 millions USD, dont un peu plus de 200 millions effectivement reçus et un peu plus de 100 millions déjà dépensés. Environ 100 millions resteraient disponibles pour la suite de la riposte.
À ce stade, aucun élément public n’établit de lien entre la grève de Nia-Nia et la question de la traçabilité de ces fonds.
