Ebola à Beni: la riposte freinée par la résistance et les contrôles contournés

À Beni, la méfiance d’une partie de la population et le contournement des points de contrôle compliquent la lutte contre Ebola, selon les observations de la rédaction de Mashariki News durant les deux premières semaines d’octobre 2026.
À Beni, les équipes de riposte contre la maladie à virus Ebola doivent composer avec la réticence d’une partie des habitants. Selon les observations de la rédaction de Mashariki News, cette résistance complique la prise en charge des malades et risque de favoriser la propagation du virus.
Cette méfiance s’explique, en partie, par le fait que la prise en charge repose d’abord sur le traitement des symptômes. Aux yeux de certains habitants, cela alimente le doute sur l’intérêt de se rendre dans les structures de soins.
Des contrôles difficiles à faire respecter
Sur le terrain, la rédaction relève plusieurs difficultés. Les déplacements sont mal maîtrisés : chauffeurs et conducteurs de taxi-moto échappent souvent aux contrôles. De nombreuses personnes contournent aussi les points de contrôle sanitaires, ce qui expose l’ensemble de la communauté.
Les porteurs d’uniforme ne sont pas épargnés. Toujours selon nos observations, militaires et policiers peinent eux-mêmes à appliquer les consignes. Le manque d’information et le non-respect des mesures de sécurité concernent aussi bien les civils que les forces de l’ordre.
Une épidémie toujours active
Le premier cas de cette 17e épidémie a été confirmé à Beni le 18 mai 2026. Selon le bulletin de la coordination provinciale de la riposte daté du 22 octobre, le Nord-Kivu compte 2 291 cas confirmés cumulés, avec 17 zones de santé touchées sur 34. La zone de santé de Beni enregistre 576 cas confirmés.
Les autorités provinciales ont multiplié les actions ces dernières semaines. Une campagne de vaccination a été lancée à Beni le 16 octobre, et une « Journée Stop Ebola » a été décrétée le 19 octobre dans la province, alors que des résistances communautaires persistent dans certaines zones de santé.
Un virus qui ne distingue pas les statuts
Civil, militaire ou policier : Ebola frappe sans distinction, et fuir les contrôles sanitaires met tout le monde en danger. Mashariki News appelle la population à respecter les mesures barrières fixées par les acteurs de santé et par le gouverneur de province, afin de venir à bout de l’épidémie dans la région.
Olivier Syasemba
