RDC: le FRN de Joseph Kabila met fin à l’AFC et revendique le recours à la force

Réunis à Goma, les signataires d’une déclaration politique datée du 12 octobre annoncent la dissolution de l’Alliance Fleuve Congo au profit du Front pour la refondation de la nation. Le nouveau mouvement, que préside Joseph Kabila, dit vouloir combattre le pouvoir de Kinshasa « par tous les moyens y compris la force ».
Le Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, annonce la fin de l’existence de l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Il se donne pour mission de combattre le pouvoir de Kinshasa « par tous les moyens y compris la force », selon une déclaration politique datée du 12 octobre à Goma.
« L’adoption et la signature du présent Acte met définitivement fin à l’existence de l’Alliance Fleuve Congo », indique le texte, qui ajoute que le FRN « succède de plein droit à l’AFC ». La disposition vise expressément l’AFC. Elle ne précise pas séparément le devenir du Mouvement du 23 mars (M23), avec lequel l’AFC formait l’ensemble AFC/M23.
Une direction désignée à Goma
Les signataires, réunis à Goma les 10 et 11 octobre, affirment avoir désigné à l’unanimité Joseph Kabila président du FRN, dans l’attente de la mise en place complète des organes du mouvement.
Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa sont nommés vice-présidents. Emmanuel Sultani Makenga est présenté comme chef d’état-major général de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), avec rang de vice-président. Le texte distingue donc deux vice-présidents nommés comme tels et un chef militaire de même rang, alors que les premières annonces présentaient les trois responsables indistinctement comme vice-présidents.
Freddy Rukema Kaniki devient secrétaire général et coordonnateur du comité exécutif. Benjamin Mbonimpa est son adjoint. Désiré Rukomera Rwigema est désigné secrétaire permanent du collège des fondateurs. La structure prévoit aussi un conseil de la révolution, une présidence avec ses vice-présidents et un comité exécutif.
Un projet de « refondation » et des accusations contre Kinshasa
Le FRN affirme ne pas chercher une place dans le système politique actuel, mais porter une alternative de refondation nationale. Il promet de reconstruire un État protecteur, de garantir la justice et la citoyenneté, de redistribuer les richesses et de favoriser le retour des réfugiés et des exilés politiques.
Le document dénonce la gouvernance du président Félix Tshisekedi, la corruption, les discriminations et les atteintes aux libertés. Il accuse aussi Kinshasa de ne pas respecter ses engagements dans le processus de Doha, notamment sur le cessez-le-feu et la libération des prisonniers. Ces affirmations reflètent la position des signataires et n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Le front dit vouloir fédérer et coordonner les forces de résistance pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « tyrannie ». La déclaration n’indique aucun calendrier opérationnel et n’annonce aucune offensive précise.
Une réorganisation déjà évoquée par l’ONU
Dans leur rapport du 11 juin 2026, les experts de l’ONU avaient évoqué une réorganisation profonde de l’AFC/M23, avec un changement de nom et un rôle de premier plan pour Joseph Kabila. Selon eux, le mouvement gardait pour objectif ultime le renversement du gouvernement congolais, tout en envisageant comme alternative une région autonome dans l’est du pays.
Les experts décrivaient aussi des divergences entre Corneille Nangaa et Joseph Kabila, qui visent le pouvoir à Kinshasa, et la plupart des dirigeants du M23, réticents à mener des opérations au-delà des deux Kivu.
À ce stade, aucune réaction du gouvernement congolais à cette déclaration n’est mentionnée dans les éléments disponibles.
Sources : déclaration politique du FRN datée du 12 octobre 2026 à Goma ; rapport du groupe d’experts de l’ONU du 11 juin 2026 (tel que rapporté).
