ONU : Kinshasa réclame l’exécution de la résolution 2773 et une meilleure place pour l’Afrique

À la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa a demandé mercredi 23 septembre l’application des décisions déjà prises concernant l’Est de la RDC. Elle a de nouveau accusé le Rwanda de soutenir l’AFC/M23, ce que Kigali rejette, et plaidé pour une représentation plus juste de l’Afrique au Conseil de sécurité.
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a prononcé mercredi 23 septembre, à New York, la déclaration de la RDC devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Elle représentait le président Félix Tshisekedi. Son message central se résumait en une phrase: « Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution. »
La session est placée cette année sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation: des Nations unies au service de tous ».
Exécuter plutôt qu’adopter
Judith Suminwa a présenté l’Est du pays comme l’exemple le plus frappant du décalage entre les engagements internationaux et la réalité vécue par les populations. Elle a évoqué plus de trente ans de violences : déplacements forcés, violences sexuelles, territoires occupés, enfants recrutés par des groupes armés ou privés d’école.
Elle a repris l’accusation de Kinshasa, qui dénonce « une guerre d’agression menée par le Rwanda sous couvert de l’AFC/M23 » et affirme que l’ONU l’a documentée. Le Rwanda rejette ces accusations. La Première ministre a aussi cité les ADF et la CODECO parmi les groupes armés qui aggravent la crise humanitaire.
La résolution 2773 au centre
Elle a rappelé les cadres diplomatiques engagés : l’accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025, le processus de Doha et la feuille de route harmonisée de l’Union africaine. Pour Kinshasa, ils constituent des pistes importantes, mais ne se sont pas’ encore traduits par une paix effective.
Elle s’est surtout appuyée sur la résolution 2773, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité le 21 février 2025. Le texte demande notamment l’arrêt des hostilités, le retrait du M23 des zones qu’il contrôle, la fin du soutien extérieur au mouvement et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Selon les autorités congolaises, plusieurs de ces dispositions restent inappliquées, l’AFC/M23 maintenant des structures administratives parallèles dans les zones sous son contrôle.
Droit international et place de l’Afrique
Au-delà du conflit, la RDC a demandé l’application équitable du droit international, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États. Elle a aussi plaidé pour une représentation plus juste de l’Afrique au Conseil de sécurité.
Selon la Primature, la Première ministre a également porté les priorités nationales en matière de santé, avec la lutte contre Ebola, de protection du bassin du Congo et de financement du développement.
À la publication de cet article, aucune réaction de Kigali ni de l’AFC/M23 à ce discours n’avait été relevée.
Sources: Primature de la RDC
