Dialogue national en RDC : l’Assemblée nationale ferme la porte à l’AFC/M23

Lors de l’ouverture de la session parlementaire de septembre, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a clairement exclu la participation de la rébellion AFC/M23 au dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Une position qui tranche avec les appels à l’inclusivité émanant d’une partie de l’opposition et de la société civile, alors que le gouvernement mise sur les processus de Washington et de Doha pour régler la crise sécuritaire dans l’Est
Une ligne rouge posée par la Chambre basse
Dans son discours inaugural prononcé le 15 septembre 2026 au Palais du Peuple, Aimé Boji Sangara a martelé que le dialogue ne devait « légitimer la violence » ni « récompenser ceux qui prennent les armes contre la République ». Sans nommer explicitement l’AFC/M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda, il a opposé les Congolais venus « les mains nues », avec pour seules armes leurs « convictions » et leur « amour de la patrie », à ceux qui garderaient « le doigt sur la gâchette et la main sur la goupille »
Pour le président de la Chambre basse, « le dialogue n’est pas une reddition, la recherche de la paix n’est pas une capitulation », et la « main tendue » de l’État ne saurait être interprétée comme un signe de faiblesse face aux groupes armés.
Un dialogue pensé comme outil de cohésion interne
Porté par Félix Tshisekedi, le dialogue national vise avant tout à renforcer la cohésion sociale et politique autour des institutions, dans un contexte de guerre persistante dans l’Est. Le pouvoir exécutif considère la crise comme prioritairement sécuritaire, marquée par l’implication du Rwanda, accusé de soutenir l’AFC/M23.
Kinshasa mise parallèlement sur deux cadres diplomatiques distincts : les accords de Washington, sous médiation américaine, et le processus de Doha, parrainé par le Qatar, où se poursuivent les discussions avec l’AFC/M23.
Inclusivité contestée : opposition et société civile divisées
La position ferme de l’Assemblée nationale intervient alors que certaines voix réclament un dialogue « véritablement inclusif », associant toutes les parties prenantes, y compris les acteurs armés. Devant la Commission Justice et Paix de la CENCO, l’opposant Martin Fayulu a ainsi plaidé pour l’inclusion de « ceux qui font la guerre », estimant que leur exclusion risquait de « balkaniser le pays ».
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), pour sa part, a appelé à ce que « tous les acteurs concernés » prennent part aux discussions, sans exclusion, marquant une divergence notable avec la ligne défendue par la majorité parlementaire.
Réformes et budget en toile de fond
Au-delà du dialogue, la session de septembre de l’Assemblée nationale est dominée par l’examen du budget 2027 et de plusieurs réformes institutionnelles et électorales, dont une proposition de loi sur le référendum, à deux ans du prochain cycle électoral prévu en 2028.
