RDC : Fayulu et la C64 appellent à une marche nationale le 15 septembre contre le changement de Constitution

À six jours de l’échéance, la Coalition Article 64 maintient son appel à une marche pacifique sur l’ensemble du territoire, le jour de la rentrée parlementaire. À Kinshasa, les manifestants doivent converger vers le Palais du peuple pour dire « non » à toute révision constitutionnelle et à un troisième mandat de Félix Tshisekedi.
La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) appelle les Congolais à une marche nationale ce mardi 15 septembre 2026. Martin Fayulu, l’une des figures de la plateforme, a relayé le mot d’ordre sur X : le peuple est invité à se lever pour rejeter tout changement de Constitution, tout troisième mandat et, selon les termes de la coalition, toute « balkanisation » du pays.
La date choisie coïncide avec la rentrée parlementaire. À Kinshasa, plusieurs points de rassemblement doivent converger vers le Palais du peuple, siège du Parlement. La coalition présente l’initiative comme une marche pacifique déployée sur l’ensemble du territoire national.
Une coalition de poids lourds de l’opposition
La C64 réunit plusieurs formations majeures de l’opposition : l’ECiDé de Martin Fayulu, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, l’Alliance pour le changement de Jean-Marc Kabund, le LGD d’Augustin Matata Ponyo et Envol de Delly Sesanga. Avant cette marche, la plateforme avait déjà mené une journée ville morte et un sit-in devant le Parlement.
Selon la coalition, aucune révision, aucun référendum ni « artifice juridique » ne saurait contourner l’article 220, qui verrouille certaines dispositions fondamentales, ni neutraliser la portée de l’article 70 relatif à la durée du mandat présidentiel. L’opposition accuse le pouvoir de manœuvrer pour ouvrir la voie à un maintien de Félix Tshisekedi au-delà de 2028 une lecture que la présidence n’a pas validée.
Le dialogue du pouvoir rejeté
L’appel intervient après l’annonce par le chef de l’État d’un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Réunie le 3 septembre pour évaluer ses préparatifs, la C64 a décidé de maintenir sa marche, estimant que le format proposé ne garantit pas l’impartialité et ne répond pas aux priorités du pays la guerre dans l’Est, l’insécurité et la crise sociale. Delly Sesanga a annoncé qu’il ne prendrait pas part à ce qu’il qualifie de « dialogue corseté ».
La question de la réaction des autorités reste ouverte. Ces dernières semaines, plusieurs tentatives de manifestation à Kinshasa ont été empêchées ou désamorcées. Le déroulement de la marche du 15 septembre constituera un test pour le climat politique congolais.
