Signature d’accords de défense entre RDC et RCA: enjeux et implications

La RDC et la République centrafricaine ont signé, vendredi 21 août 2026 à Kinshasa, deux mémorandums d’entente destinés à renforcer leur coopération de défense et à sécuriser leur frontière commune.
La République démocratique du Congo (RDC) et la République centrafricaine (RCA) ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération sécuritaire. Les deux pays ont signé, ce vendredi 21 août 2026 à l’Hôtel de la Défense, à Kinshasa, deux mémorandums d’entente portant respectivement sur la formation militaire et le renseignement militaire.
La cérémonie a réuni le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants de la RDC, Guy Kabombo Muadiamvita, et son homologue centrafricain, Rameaux-Claude Bireau, ministre de la Défense nationale et de la Reconstruction de l’armée.
Les deux instruments ont été paraphés en marge des cérémonies du dixième anniversaire du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), de la clôture de l’année académique 2025-2026 et du lancement de la session 2026-2027 au CHESD et à l’École Supérieure d’Administration Militaire (ESAM). Ils donnent un contenu opérationnel à l’Accord de coopération militaire signé à Kinshasa le 18 octobre 2024 et s’appuient sur les recommandations de la rencontre bilatérale tenue à Bangui en mai 2026, consacrée à la sécurité de la frontière commune.
« La RCA ne servira jamais de base arrière »
Lors de la cérémonie, le ministre centrafricain a réaffirmé l’engagement de Bangui aux côtés de Kinshasa. « La République centrafricaine ne servira jamais de base arrière pour une quelconque attaque de la République démocratique du Congo », a déclaré Rameaux-Claude Bireau, une formule destinée à écarter toute crainte d’utilisation du territoire centrafricain comme point de départ d’opérations hostiles.
Pour le ministre, la signature de ces documents dépasse la simple formalité juridique et traduit une volonté politique de consolider les liens entre les deux États.
La formation, pilier du partenariat
Le premier mémorandum concerne la formation militaire. Bangui entend renforcer les possibilités de formation de ses officiers, sous-officiers et militaires du rang au sein des écoles et centres de formation congolais. « La construction d’une armée moderne, professionnelle, républicaine, disciplinée et respectueuse des droits de l’homme passe inéluctablement par l’investissement dans le capital humain », a souligné le ministre centrafricain.
Le second mémorandum porte sur le renseignement militaire, avec l’ambition d’améliorer le partage d’informations sur les mouvements transfrontaliers.
Traduire les engagements en actes
Du côté congolais, Guy Kabombo Muadiamvita a présenté cette signature comme une nouvelle étape du partenariat militaire entre les deux pays, en appelant à une coopération « sincère, structurée, régulière et orientée vers des résultats ». Il a insisté sur la nécessité de traduire ces engagements en actions concrètes, pour éviter que les accords ne restent lettre morte.
Contexte régional
Ces signatures interviennent alors que l’est de la RDC reste confronté à l’offensive de la rébellion de l’AFC/M23 (Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars), qui occupe de larges portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Kinshasa, appuyée par plusieurs rapports d’experts des Nations unies, accuse le Rwanda de soutenir ce groupe armé, ce que Kigali dément. La frontière RDC-RCA, elle, est depuis des années le théâtre de violences attribuées à des groupes armés actifs dans les provinces septentrionales, notamment le Nord-Ubangi et le Bas-Uele.
Source : cérémonie de signature à l’Hôtel de la Défense, Kinshasa, 21 août 2026 ; cellule de communication du ministère de la Défense de la RDC.
