Ebola en RDC : l’OMS réclame une trêve humanitaire de six mois face à l’insécurité

L’Organisation mondiale de la santé demande une trêve d’au moins six mois aux groupes armés qui combattent dans l’Est de la République démocratique du Congo, afin que les équipes médicales puissent atteindre les populations touchées par Ebola. L’épidémie, qui progresse plus vite qu’aucune autre dans l’histoire de la maladie, touche désormais 57 zones de santé réparties dans six provinces.
L’appel a été lancé mardi 25 août à Addis-Abeba, en Éthiopie, à l’ouverture de la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique. Le Dr Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a demandé aux belligérants du Nord-Est congolais de suspendre les hostilités pendant au moins six mois pour permettre aux équipes médicales de circuler librement.
Un accès aux communautés entravé par les combats
Selon l’OMS, l’insécurité constitue aujourd’hui le principal obstacle à la riposte. Des dizaines de milliers de personnes exposées au virus restent hors de portée des équipes sanitaires, faute de pouvoir se déplacer en toute sécurité dans les zones de conflit.
« Lorsque nous parvenons à atteindre les populations, nous stoppons la transmission. Lorsque nous ne le pouvons pas, le virus continue de se propager », a résumé le Dr Janabi devant les délégations réunies à Addis-Abeba.
Le personnel soignant en première ligne
La protection des soignants est devenue un enjeu à part entière de la riposte. Au 20 août, 158 professionnels de santé avaient été contaminés par le virus et 45 en étaient morts, un bilan qui illustre les conditions dans lesquelles travaillent les équipes déployées sur le terrain.
Un bilan qui continue de s’alourdir
Le dernier bilan communiqué, arrêté au 21 août, fait état de 5 514 cas confirmés et 2 642 décès dans 57 zones de santé du pays. L’épidémie, causée par la souche Ebola Bundibugyo, est déjà considérée comme l’une des plus importantes jamais enregistrées, avec une progression particulièrement rapide depuis son déclenchement.
Pour l’OMS, l’objectif désormais est double : atteindre les communautés encore isolées et protéger ceux qui les soignent, avant que le virus ne gagne davantage de terrain.
À noter : la situation reste contrastée selon les zones. À Niania, en Ituri, des sources médicales locales font état d’un recul des décès ces derniers jours, attribué à un meilleur respect des mesures barrières et à la restriction des déplacements entre l’Ituri et le Haut-Uélé. Cette évolution localisée ne remet toutefois pas en cause le constat global de l’OMS sur la propagation de l’épidémie.
