Ebola en RDC : Le ministre Kamba rassure sur le contrôle de l’épidémie

Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, rejette l’idée que la 17ᵉ épidémie d’Ebola aurait échappé au contrôle des autorités, évoquant un virus « plus contagieux » mais une réponse solide. L’Organisation mondiale de la Santé, elle, alerte sur un risque de propagation « très élevé ».
Alors que l’épidémie d’Ebola s’étend à plusieurs provinces de la République démocratique du Congo (RDC), le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a écarté l’idée que la 17ᵉ épidémie que traverse le pays aurait échappé au contrôle des autorités sanitaires.
Le ministre s’exprimait mardi 18 août 2026 lors d’un briefing conjoint avec le porte-parole du gouvernement, ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et la ministre d’État à l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga. L’exercice intervenait trois mois après la déclaration officielle de l’épidémie, le 15 mai 2026.
Un virus différent du Zaïre
Samuel Roger Kamba a reconnu que les équipes faisaient face à un virus de l’espèce Bundibugyo, aux caractéristiques différentes de l’espèce Zaïre, responsable de plusieurs flambées passées en RDC et mieux connue des soignants congolais. Selon lui, les autorités avaient d’abord anticipé un comportement comparable à celui du Zaïre, avant que les observations de terrain ne montrent une réalité différente.
« Le virus n’échappe pas au contrôle, le virus est tout simplement plus contagieux », a-t-il déclaré. Le ministre a expliqué que les premiers symptômes, souvent bénins en apparence — fièvre et maux de tête —, retardent le diagnostic et laissent le temps aux malades de contaminer d’autres personnes dans la communauté avant l’aggravation de leur état.
Une réponse présentée comme « robuste »
Le ministre a mis en avant les moyens déployés, à commencer par le renforcement des capacités de diagnostic. « En deux mois, faire 20 laboratoires, ça ne s’est jamais fait. Donc, la réponse est robuste, sauf que le virus est beaucoup plus contagieux », a-t-il affirmé.
Il a également indiqué que la stratégie évolue à mesure des connaissances scientifiques, en insistant sur la prise en charge précoce des malades et sur la prise en charge préventive des personnes exposées présentant un risque élevé.
L’OMS beaucoup plus alarmiste
Le même 18 août, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a convoqué son comité d’urgence et estimé « très élevé » le risque de propagation nationale et internationale, l’épidémie étant désormais signalée dans six provinces. Le lendemain, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a jugé l’épidémie « loin d’être maîtrisée ». Le directeur régional pour l’Afrique, Mohamed Janabi, a résumé la difficulté en déclarant que la riposte « court après le virus », lequel garde « une longueur d’avance ».
Les chiffres traduisent cette gravité. Lors du briefing, le ministre faisait état d’environ 2 370 décès pour plus de 5 000 cas confirmés en trois mois. Selon les données officielles relayées par les partenaires, le bilan a depuis dépassé 2 500 morts (données arrêtées au 19 août), faisant de cette flambée l’une des plus meurtrières de l’histoire du pays. La province de l’Ituri en reste l’épicentre, concentrant l’essentiel des cas.
Un contexte qui complique la riposte
Déclarée avec plusieurs semaines de retard, l’épidémie sévit dans des zones marquées par l’insécurité, les déplacements de population et un accès limité aux soins. À ce jour, aucun vaccin ni traitement homologué ne cible spécifiquement le virus Bundibugyo, même si des essais cliniques sont en cours. La riposte fait par ailleurs l’objet de critiques sur sa lenteur et se heurte à la défiance d’une partie de la population.
Sources : briefing gouvernemental du 18 août 2026 (déclarations du ministre Samuel Roger Kamba) ; OMS ; ONU Info
