Rentrée scolaire 2026-2027 : L’Intersyndical s’oppose à la reprise des cours

À une semaine de la rentrée 2026-2027, l’Intersyndical des enseignants de l’Ituri 1 s’oppose à la reprise des cours prévue le 1er septembre. L’organisation invoque la persistance de l’épidémie d’Ebola-Bundibugyo, dont l’Ituri reste l’épicentre, et réclame des garanties sanitaires avant tout retour en classe.
Réuni le lundi 24 août, l’Intersyndical des enseignants de l’Ituri 1 a annoncé son opposition à la reprise des cours fixée au 1er septembre. Les représentants des enseignants estiment que rouvrir les écoles dans les conditions actuelles exposerait élèves et personnels à un risque sanitaire important, alors que la province demeure le foyer principal de l’épidémie.
Une reprise jugée risquée
S’exprimant au nom des enseignants, Budju Lobo Isaac a plaidé pour que la protection des élèves et du personnel éducatif prime sur le calendrier.
« Face à une épidémie meurtrière qui continue de décimer nos communautés, forcer des milliers d’élèves et d’enseignants à s’entasser dans des salles de classe équivaut à exposer toute une génération à un risque majeur. L’éducation est un droit, mais la vie est le fondement même de tout avenir », a-t-il déclaré.
L’organisation précise qu’elle ne conteste pas le droit à l’éducation, mais cherche à prévenir une aggravation de la crise sanitaire à l’intérieur des établissements.
Des conditions posées à la reprise
L’Intersyndical subordonne la reprise effective des activités scolaires à plusieurs mesures : une maîtrise documentée de l’épidémie, l’installation effective de dispositifs de prévention dans les écoles et une protection sanitaire et sociale renforcée pour les enseignants.
Une épidémie toujours active
La prise de position intervient alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fait état, au cap des 100 jours, de plus de 5 200 cas confirmés d’Ebola en RDC. Selon l’agence onusienne, l’épidémie touche désormais six provinces, l’Ituri concentrant à lui seul environ 85 % des cas et 79 % des décès. Les données gouvernementales publiées le 24 août portent le bilan cumulé à plus de 5 500 cas et 2 600 décès, soit un taux de létalité proche de 48 %.
L’OMS a appelé à intensifier la riposte dans les communautés touchées, jugeant que l’épidémie se trouvait à un moment décisif.
Le gouvernement maintient une rentrée « différenciée »
De son côté, l’exécutif a confirmé le maintien de la rentrée au 1er septembre, mais selon un dispositif adapté. La ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, a annoncé une rentrée « différenciée » : cours en présentiel dans les zones épargnées, et enseignement à distance dans 18 zones de santé classées à haut risque. La direction provinciale de l’Éducation nationale Ituri 1 affirme pour sa part que des mesures barrières et des séances de sensibilisation ont été préparées pour sécuriser la reprise.
L’inquiétude des enseignants rejoint celle déjà exprimée ces dernières semaines par des parents d’élèves et par la société civile de l’Ituri, qui réclamaient eux aussi des garanties sanitaires avant tout retour en classe.
