RDC–Tanzanie : Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan saluent les efforts de neutralisation des FDLR

Au terme de la visite officielle du président Félix Tshisekedi en Tanzanie, les 17 et 18 août 2026, Kinshasa et Dodoma ont affiché une position commune sur la sécurité dans l’Est de la RDC : réaffirmation de la souveraineté congolaise, appel au retrait des forces étrangères et soutien aux efforts de démobilisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Reçu par son homologue tanzanienne à la State House de Kizimkazi, à Zanzibar, le chef de l’État congolais a clôturé mardi 18 août sa visite de travail de deux jours par un tête-à-tête avec Samia Suluhu Hassan. À l’issue de la rencontre, les deux dirigeants ont publié un communiqué conjoint dans lequel la sécurité dans l’Est de la RDC constitue l’un des axes majeurs.
Souveraineté et retrait des forces étrangères
Les deux présidents ont réaffirmé leur attachement à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de la République démocratique du Congo. Ils ont appelé l’ensemble des acteurs concernés à appliquer pleinement les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, en insistant sur la cessation des hostilités et sur le retrait inconditionnel, du territoire congolais, de toutes les forces étrangères non autorisées.
Kinshasa accuse de longue date le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23 et de maintenir des troupes dans l’Est du pays, ce que Kigali dément. Le communiqué de Zanzibar ne cite pas nommément le Rwanda dans ce passage, mais reprend le vocabulaire onusien du retrait des forces étrangères.
Le dossier FDLR au cœur des échanges
Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan ont salué les efforts en cours pour neutraliser les forces négatives, en particulier les FDLR, et pris note des engagements pris en faveur de leur désarmement et de leur dissolution. Les deux chefs d’État ont également souligné l’importance d’un processus effectif de désarmement, de démobilisation, de rapatriement ou de réintégration de tous les groupes armés non étatiques, assorti d’un volet d’obligation de rendre compte et de justice transitionnelle.
Cette position fait écho à l’annonce faite fin juillet par le gouvernement congolais. Le 28 juillet à Kinshasa, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, avait fait état de la signature par les FDLR d’un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement, présenté comme une première traduction concrète des engagements de l’accord de paix conclu à Washington avec le Rwanda. Kigali conteste toutefois cette démarche, qu’il juge insuffisante, et continue de réclamer une neutralisation militaire du mouvement.
Coopération élargie et processus de paix
Au-delà du volet sécuritaire, les deux chefs d’État ont réitéré leur soutien aux initiatives de paix menées sous l’égide de l’Union africaine ainsi qu’aux processus de Washington et de Doha. Leur rencontre a également débouché sur un renforcement de la coopération économique — redynamisation de la Commission permanente mixte, partenariat sur les minerais critiques, connectivité du Corridor central — tandis que la présidente tanzanienne a annoncé la disponibilité de son pays à apporter une assistance sanitaire d’urgence à la RDC face à l’épidémie d’Ebola.
Sources : communiqué conjoint RDC–Tanzanie
