RDC : l’opposition et le pouvoir se donnent rendez-vous dans la rue le 22 juillet

La Coalition Article 64 (C64) a officiellement notifié au gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, la tenue d’une marche pacifique le mercredi 22 juillet vers le Palais de la Nation. Une mobilisation qui se tiendra le même jour qu’une contre-manifestation annoncée par l’Union sacrée de la Nation, faisant redouter un choc entre les deux camps dans la capitale.
Une notification en bonne et due forme
Dans une lettre d’information datée du 4 juillet, la C64 a informé l’autorité urbaine de son intention d’organiser une manifestation pacifique. Une copie du document a été transmise au vice-Premier ministre de l’Intérieur, au commissaire provincial de la police, à l’administrateur général de l’Agence nationale de renseignements ainsi qu’aux bourgmestres des dix communes concernées.
Le texte est signé par les responsables de cinq partis d’opposition : Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (Envol). Ils invoquent l’article 26 de la Constitution, qui garantit la liberté de manifestation pacifique.
Convergence vers le Palais de la Nation
Selon l’annexe jointe, les participants quitteront leurs communes dès 9 heures en empruntant des itinéraires distincts selon leur district d’origine — Tshangu, Mont-Amba, Funa et Lukunga — avant de converger vers le Palais de la Nation pour un sit-in. Un mémorandum doit y être remis au président de la République.
Les organisateurs affirment vouloir encadrer eux-mêmes le cortège afin de garantir la fluidité de la circulation et le caractère pacifique du rassemblement. Ils demandent aux autorités d’assurer la sécurité des participants.
Un climat sous tension
Initialement fixée au 8 juillet, la marche avait été reportée après une invitation à des consultations adressée aux leaders de la coalition par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine. Elle intervient dans un contexte de vives tensions autour du projet de révision constitutionnelle, que l’opposition accuse le pouvoir de vouloir utiliser pour lever la limitation des mandats présidentiels.
À Kinshasa, le gouvernement a promis un encadrement « républicain », tout en mettant en garde contre toute subversion. Dans d’autres villes, la marche a en revanche été interdite, notamment à Lubumbashi et Kolwezi.
Le risque d’escalade est renforcé par l’appel lancé par le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata Mangu, à une mobilisation de la majorité le même 22 juillet, à Kinshasa, dans les provinces et au sein de la diaspora. Un appel qui divise jusque dans le camp présidentiel : le président a.i. de l’UDPS, Augustin Kabuya, a publiquement indiqué que son parti n’avait prévu aucune marche ce jour-là.
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