Mangina sous le choc : dix civils tués dans une deuxième incursion en deux jours

La commune de Mangina, en territoire de Beni (Nord-Kivu), enterre ses morts pour la deuxième fois de la semaine. Dix civils y ont été tués dans la nuit du 15 au 16 juillet 2026 par des assaillants attribués aux ADF, portant à quatorze le bilan des dernières quarante-huit heures. Les habitants fuient.
Il était environ 18 heures quand les premières détonations ont retenti. Les assaillants sont entrés par deux côtés à la fois — Makukulu et Malipizo — et ont travaillé dans le noir, sans un cri, à l’arme blanche autant qu’à l’arme à feu. Au matin, neuf corps gisaient encore là où ils étaient tombés. Le décompte n’est pas clos : les recherches se poursuivent vers les positions de repli des assaillants, et le bilan de dix reste provisoire.
« Une hémorragie sécuritaire »
C’est le mot du président de la société civile locale, Vunyatsi, qui ne demande plus de patrouilles de dissuasion mais des patrouilles de combat.
« Mangina devient la cible de l’ennemi. Nous appelons les forces armées à poursuivre les assaillants dans leur retranchement. Que les Forces armées organisent des patrouilles de combat pour arrêter cette hémorragie sécuritaire », a-t-il déclaré.
Quatre morts mardi, dix jeudi
Mardi soir déjà, quatre civils étaient tués et six blessés dans le quartier Kalunga. Le bourgmestre Nicolas Kambale Kikuku avait alors orienté les soupçons vers les Forces démocratiques alliées et appelé la population au calme. Quarante-huit heures plus tard, l’appel au calme n’a pas tenu.
Le vide qui s’installe
Les périphéries se vident. Le centre de la commune aussi. Faute de garantie sécuritaire, les habitants de Mangina partent vers ce qu’ils espèrent être des zones plus sûres — un déplacement qui, dans le territoire de Beni, s’est rarement révélé définitif.
Mashariki News, avec des sources locales
