Justice : la RDC et l’AFD scellent une feuille de route pour moderniser la formation judiciaire

Le ministère de la Justice, l’Agence française de développement (AFD) et Expertise France ont arrêté, mercredi 8 juillet 2026, une feuille de route conjointe destinée à accélérer l’appui à l’Institut national de formation judiciaire (INAFORJ), avec l’ambition d’en faire un véritable levier de professionnalisation de la justice congolaise.
Cette avancée résulte d’une séance de travail entre le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et une délégation conduite par Hervé Conan, directeur de l’AFD en RDC, et Aude Delescluse, directrice pays d’Expertise France. Cette feuille de route servira de base à l’élaboration d’un plan d’action pour les trois prochaines années.
Les parties se sont convenues de bâtir le programme selon une démarche participative, en partant des besoins prioritaires du ministère, tout en tenant compte des contraintes liées à la mobilisation des expertises et des ressources budgétaires.
« Nous avons rencontré le ministre pour faire le point sur le programme d’appui à l’INAFORJ, un programme financé dans le cadre du C2D… Aujourd’hui, avec l’AFD et Expertise France, nous avons précisé les besoins du ministère en matière de renforcement des capacités », a déclaré le représentant de l’AFD en RDC.
Un programme financé par le C2D
Le projet est financé par le Contrat de désendettement et de développement (C2D) conclu entre la France et la RDC, et mis en œuvre par Expertise France. Il vise à renforcer les capacités des magistrats, des greffiers, du personnel pénitentiaire et des autres acteurs de la chaîne judiciaire. Selon les responsables de l’AFD et d’Expertise France, la coopération s’appuiera sur l’expertise d’institutions françaises spécialisées, mais aussi sur des compétences congolaises et internationales, afin d’adapter les formations aux réalités locales plutôt que d’appliquer un modèle prédéfini. Les premières activités opérationnelles sont attendues dans les prochaines semaines.
« Il s’agissait d’un entretien riche, qui a permis de définir précisément les attentes. Nous disposons désormais d’une feuille de route, avec une nouvelle rencontre prévue dans les prochaines semaines afin de finaliser le plan d’action », a ajouté le représentant de l’AFD.
Un institut né des réformes de 2016
En RDC, le renforcement des capacités des acteurs judiciaires figure parmi les résultats attendus de la politique nationale de réforme de la justice. L’INAFORJ, créé en 2016 en remplacement de l’ancienne École de formation et de recyclage du personnel judiciaire, forme l’ensemble des personnels judiciaires : magistrats du siège et du parquet, greffiers, secrétaires de parquet, officiers de police judiciaire (OPJ) et personnel pénitentiaire.
Le C2D est le mécanisme par lequel la France annule une partie de la dette de la RDC et reverse les montants correspondants sous forme de dons, gérés par l’AFD, pour financer des projets sociaux dans l’éducation, la formation, l’eau et la gouvernance.
Une coopération en expansion depuis 2019
Présente en RDC depuis 1976, l’AFD a suspendu ses activités entre 1991 et 2004 avant de reprendre avec un modèle centré sur les subventions. Le premier C2D, signé en 2013, s’élevait à 106,4 millions d’euros. Depuis 2019, le partenariat s’est nettement accéléré : signature d’un second C2D de 64,9 millions d’euros la même année, multiplication par cinq du volume des subventions depuis 2018, reprise des prêts souverains concessionnels en 2022, ouverture d’un bureau d’Expertise France la même année, et développement des activités de Proparco. Un protocole d’entente signé en décembre 2021 prévoyait un engagement de 500 millions d’euros sur la période 2022-2025 ; cet objectif était déjà dépassé fin 2024, avec un montant cumulé de 558 millions d’euros.
Source : ministère de la Justice et Garde des Sceaux, AFD, Expertise France
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