FRIVAO : dénonçant des « faux » dans la citation, Mutamba quitte son procès

Le procès de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba dans le dossier FRIVAO a viré à l’incident ce lundi 27 juillet 2026 devant la Cour de cassation. Contestant la régularité de la procédure et dénonçant de « faux » documents, l’ex-garde des Sceaux a quitté la salle en signe de protestation, quinze jours après une première audience déjà renvoyée pour lui permettre d’accéder au dossier.
Un départ fracassant
L’audience très attendue de ce lundi n’aura pas connu son épilogue. Poursuivi dans l’affaire du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), Constant Mutamba a préféré quitter les débats plutôt que de « cautionner une procédure » qu’il juge entachée d’irrégularités.
Dans une lettre datée du 23 juillet, l’ancien ministre avait réclamé la retransmission intégrale de son procès sur la RTNC ainsi que l’ouverture de la salle au public, invoquant les articles 149 et 20 de la Constitution. Il renouvelait ainsi une demande déjà formulée avant la première audience du 13 juillet, au nom de la transparence à l’égard des victimes et de l’opinion.
« Les greffiers mentent »
Devant la Cour, Mutamba a vivement contesté la citation dont il fait l’objet, accusant les greffiers d’y avoir introduit de fausses mentions alors même qu’il avait accepté de comparaître. « Les greffiers mentent », a-t-il lancé, exigeant la production du document litigieux qu’il entend contester.
L’ancien ministre a également dénoncé le refus, selon lui, du tribunal de grande instance de la Gombe d’enregistrer la citation directe qu’il dit avoir déposée contre le greffier de la Cour de cassation, Kinakina Kiki, qu’il accuse de faux en écriture. Il affirme par ailleurs s’être vu refuser le droit de soulever ses exceptions et moyens de défense.
Refusant de poursuivre dans ces conditions, l’ex-garde des Sceaux a affirmé être prêt à « boire la ciguë comme Socrate » plutôt que de renoncer à ce qu’il présente comme un combat pour la justice et la vérité, avant de sortir de la salle.
Ce que reproche le ministère public
Sur le fond, Constant Mutamba est poursuivi aux côtés de Chancard Bukolela, ancien coordonnateur intérimaire du FRIVAO, pour une série de décaissements contestés portant, selon le parquet, sur plus de 50 millions de dollars. Le paiement le plus emblématique concerne un versement de 14,3 millions de dollars à la société Congo Energy, sur des fonds destinés à l’indemnisation des victimes et à la réhabilitation d’infrastructures.
Dès la première comparution, le 13 juillet, Mutamba avait contesté n’avoir jamais reçu de citation régulière ni eu accès au dossier avant sa présentation devant la Cour — une version rejetée par le ministère public, qui a soutenu qu’il avait bien été entendu durant l’instruction, sur son lit d’hôpital. Ce nouveau procès intervient alors que l’ancien ministre purge déjà une peine de trois ans, prononcée en septembre 2025 par la même juridiction, dans un dossier distinct lié à la construction d’une prison à Kisangani.
Mashariki News
