Ebola : un deuxième centre d’essai clinique opérationnel à Bunia contre la souche Bundibugyo

Un deuxième centre dédié à l’évaluation d’un traitement expérimental contre la souche Ebola Bundibugyo serait désormais opérationnel à Bunia, dans la province de l’Ituri, après celui de Rwampara. Objectif affiché : renforcer la recherche clinique et rapprocher la riposte des communautés, au cœur de la 17e épidémie qui frappe l’est de la République démocratique du Congo.
L’Ituri demeure l’épicentre d’une épidémie particulièrement meurtrière, provoquée par une souche pour laquelle il n’existe encore ni vaccin ni traitement spécifique homologué, contrairement à la souche Ebola Zaïre. C’est précisément ce vide thérapeutique qui a conduit les autorités sanitaires congolaises, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) et leurs partenaires internationaux à ouvrir plusieurs fronts de recherche clinique dans la province.
Une recherche adossée à la riposte
L’essai concerné s’inscrit dans le dispositif EBO-PEP, qui évalue une prophylaxie post-exposition destinée à protéger les personnes ayant été en contact étroit avec un cas confirmé. Les premiers participants ont été recrutés à partir du 14 juillet 2026 dans des centres installés à proximité des centres de traitement Ebola opérés par l’ONG ALIMA à Bunia et Rwampara, avec l’appui de l’INRB, de l’ANRS Maladies infectieuses émergentes / Inserm et de Médecins Sans Frontières.
La mise en service progressive de ces sites répond à une logique désormais assumée par les acteurs de la riposte : mener la recherche parallèlement à la réponse d’urgence, et non après coup, afin que les communautés touchées bénéficient directement des connaissances acquises.
Un second essai en cours pour les malades
Parallèlement à la prophylaxie, un autre essai, PARTNERS, est mené à Bunia depuis le 2 juillet auprès des personnes déjà infectées. Coordonné avec l’INRB, l’Institut de Médecine Tropicale et l’Université d’Oxford, avec le soutien de l’OMS, il teste deux molécules, le MBP134 et le remdesivir. Les deux protocoles poursuivent un même but : élargir l’arsenal thérapeutique contre une souche qui continue de faire des victimes en Ituri.
Sources : Coordination provinciale de la riposte (Ituri) ; INRB
