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Politique

Banyamulenges qualifiés de « Rwandais vivant au Congo » : Kinshasa accuse Kigali de vouloir diviser les Congolais

Par Rédaction · 19 août 2026 · 10:48
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Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dénoncé lundi à Kinshasa un « discours de haine » et un « appel à l’insurrection », accusant le Rwanda d’instrumentaliser la communauté banyamulenge pour justifier la guerre dans l’Est de la RDC. Ses propos font suite aux déclarations du responsable rwandais Tito Rutaremara, qui a présenté les Banyamulenge comme des « Rwandais vivant au Congo ».

Le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, est monté au créneau lundi 17 août 2026 pour contester le discours tenu par certaines personnalités rwandaises autour de la communauté banyamulenge. S’exprimant lors d’un briefing conjoint avec le ministre délégué à la Défense chargé des Anciens combattants, Éliézer Ntambwe, il a qualifié ces propos de tentative délibérée de division entre Congolais.

Le ministre réagissait aux déclarations attribuées à Tito Rutaremara, présenté comme responsable du Conseil des sages du Rwanda, qui a qualifié les Banyamulenge de Rwandais vivant au Congo.

« Nous avons ici l’exemple d’un homme présenté comme président d’une structure appelée Conseil des Sages du Rwanda, qui prend la parole pour qualifier nos compatriotes Banyamulenge de Rwandais vivant au Congo », a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Un « appel à l’insurrection », selon Kinshasa

Pour mesurer la portée de ces propos, Patrick Muyaya a proposé une comparaison : celle d’une personnalité congolaise qui appellerait publiquement une communauté vivant au Rwanda à se soulever contre les institutions de Kigali.

« Imaginez si un ministre congolais, ou une notabilité congolaise, prenait la parole pour demander à une communauté rwandaise de prendre les armes et de combattre le gouvernement ou les institutions rwandaises », a-t-il lancé, s’interrogeant sur la réaction qu’aurait alors la communauté internationale.

Le ministre a estimé que ces déclarations relèvent d’une rhétorique destinée, selon lui, à justifier le conflit dans l’Est du pays. « Ces déclarations ne sont pas le fruit du hasard : elles relèvent d’une rhétorique persistante visant à justifier la guerre qui nous est imposée », a-t-il affirmé.

Le cadre : les propos de Tito Rutaremara à la commémoration de Gatumba

Les déclarations à l’origine de la polémique ont été tenues le soir du 13 août 2026, lors de la 22ᵉ commémoration du massacre de Gatumba, organisée par des Banyamulenge vivant au Rwanda. Tito Rutaremara, figure historique du Front patriotique rwandais (FPR) et ancien Ombudsman, y a présenté les Banyamulenge comme des Rwandais et appelé les jeunes de cette communauté à prendre les armes pour aider le M23.

Le massacre de Gatumba renvoie à l’attaque du 13 août 2004 contre un camp de réfugiés situé à Gatumba, en territoire burundais, où au moins 166 réfugiés congolais, en majorité banyamulenge, avaient été tués.

Des accusations contre Kigali

Abordant la situation sécuritaire dans l’Est, Patrick Muyaya a directement mis en cause le Rwanda dans le soutien à plusieurs groupes armés, citant notamment le M23 et le RED-Tabara, et affirmant que Kinshasa tient Kigali pour responsable de la situation dans cette partie du pays.

Le porte-parole du gouvernement a également accusé le Rwanda d’utiliser des ambulances pour transporter des drones destinés à attaquer des civils. Ces accusations, formulées par le gouvernement congolais, n’ont pas fait l’objet d’une confirmation indépendante et sont rejetées par Kigali, qui dément tout soutien aux groupes armés opérant dans l’Est.

La communauté banyamulenge se désolidarise

Selon Patrick Muyaya, des membres de la communauté banyamulenge ont eux-mêmes rejeté toute prétention d’un tiers à parler en leur nom. Cette affirmation recoupe une déclaration rendue publique le même jour à Kinshasa, dans laquelle des dignitaires banyamulenge ont désavoué les propos de Tito Rutaremara et rejeté l’appel à l’insurrection, réaffirmant leur appartenance à la nation congolaise.

Le ministre a par ailleurs salué l’engagement des membres de cette communauté qui, selon lui, contribuent au retour de la paix dans les Hauts-Plateaux, et appelé les Congolais à rester unis derrière le président Félix Tshisekedi.

Patrick Muyaya a enfin annoncé que ces déclarations seraient portées à la connaissance du médiateur des processus de paix en cours.

Sources : briefing du porte-parole du gouvernement (17 août 2026)

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