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Politique

À l’ONU, la RDC plaide pour un « Groupe des amis de la gouvernance des ressources naturelles »

Par Rédaction · 22 juillet 2026 · 21:37
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La République démocratique du Congo a appelé, mercredi 22 juillet, la communauté internationale à faire de la gouvernance des ressources naturelles un pilier de la paix et de la sécurité mondiales. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, dont Kinshasa assure la présidence pour le mois de juillet, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a proposé la création d’un « Groupe des amis de la gouvernance des ressources naturelles » et défendu une nouvelle doctrine internationale en la matière.

Profitant de la présidence congolaise du Conseil de sécurité, la RDC a inscrit cette question à l’ordre du jour des débats. Pour Kinshasa, la mauvaise gouvernance des ressources naturelles figure aujourd’hui parmi les principaux facteurs d’instabilité dans plusieurs régions du monde, et mérite à ce titre une réponse collective au plus haut niveau.

Un appel à une coalition internationale

Pour porter cette vision, la cheffe de la diplomatie congolaise a proposé la mise sur pied d’un « Groupe des amis de la gouvernance des ressources naturelles ». Cette plateforme réunirait États membres des Nations unies, organisations régionales, institutions financières internationales, pays producteurs, pays consommateurs, acteurs économiques et société civile. Son objectif : promouvoir le dialogue, échanger les bonnes pratiques et renforcer les mécanismes internationaux existants.

Thérèse Kayikwamba Wagner a invité la communauté internationale à ne plus faire des ressources naturelles des facteurs de rivalité et de confrontation, mais des instruments de coopération et de prospérité partagée. Selon elle, les minerais, l’eau, les forêts, l’énergie et la biodiversité doivent devenir les fondations d’une sécurité collective durable.

Les ressources naturelles au cœur des conflits contemporains

Les minerais critiques, l’eau, les forêts, les ressources énergétiques, les terres arables et la biodiversité occupent désormais une place stratégique dans la transition énergétique mondiale, la révolution numérique et la sécurité alimentaire, a rappelé la ministre.

Or, ces mêmes ressources continuent d’alimenter des conflits armés, de financer des groupes rebelles, de renforcer des économies criminelles et de fragiliser les États. Tout dépend, selon elle, de la manière dont ces richesses sont gouvernées. « Les ressources naturelles peuvent être le fondement d’une prospérité partagée ou le moteur d’une prédation », a-t-elle affirmé.

La RDC, symbole d’un déséquilibre mondial

La ministre a mis en avant la situation particulière de son pays, l’un des plus riches au monde en ressources naturelles : minerais stratégiques indispensables aux technologies modernes, immense potentiel hydroélectrique, vastes terres agricoles et bassin du Congo, considéré comme l’un des plus importants puits de carbone de la planète.

Malgré ces atouts, cette richesse s’est souvent muée en facteur de vulnérabilité. Dans l’Est du pays, a-t-elle rappelé, l’exploitation illégale des ressources reste étroitement liée au financement des groupes armés et à la persistance de l’insécurité. Elle a dénoncé les circuits qui permettent à des minerais issus des zones de conflit d’intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales. Pour Kinshasa, lorsqu’une ressource stratégique finance la guerre plutôt que le développement, la question dépasse le cadre national et devient une menace pour la paix et la sécurité internationales.

Pour une transition énergétique « juste »

Dans son plaidoyer, la RDC a insisté sur la nécessité d’une transition énergétique mondiale qui tienne compte des intérêts des pays producteurs de matières premières. Il ne peut y avoir de transition véritablement juste, a estimé la ministre, si les populations qui produisent les minerais essentiels aux technologies du futur continuent de subir l’insécurité, la pauvreté ou l’exploitation.

Elle a également défendu une vision du développement fondée sur la transformation locale des ressources, appelant les pays africains à dépasser le modèle de la seule extraction pour bâtir des économies industrielles créatrices d’emplois et de valeur ajoutée.

Six principes pour une nouvelle gouvernance mondiale

La RDC propose l’adoption d’une nouvelle doctrine internationale reposant sur six principes : le respect effectif de la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles ; la transparence des chaînes d’approvisionnement ; le renforcement des mécanismes de traçabilité et de certification ; la lutte contre l’impunité économique des acteurs impliqués dans l’exploitation illégale ; la promotion de partenariats internationaux plus équitables entre pays producteurs et consommateurs ; et un ancrage local de cette gouvernance, afin que les communautés bénéficient directement des richesses exploitées sur leurs territoires.

Mashariki News

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