Nord-Kivu : à Butembo, des députés nationaux plaident pour une rentrée scolaire effective malgré Ebola

En vacances parlementaires, le caucus des députés nationaux du Nord-Kivu a été briefé ce mercredi 26 août à la mairie de Butembo sur l’évolution de la maladie à virus Ebola. À cette occasion, la députée Jeannine Katasohire a plaidé pour une rentrée scolaire effective, assortie d’un respect strict des mesures de prévention.
Réunis à la mairie de Butembo ce mercredi 26 août 2026, les députés nationaux élus du Nord-Kivu ont reçu un briefing sur la situation de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, qui touche la province depuis mai. La rencontre s’est tenue alors que les élus sont en vacances parlementaires et regagnent leurs bases, à quelques jours de la reprise des cours prévue le 1ᵉʳ septembre.
Un plaidoyer pour ne pas priver les élèves d’école
Au terme de ce briefing, la députée nationale Jeannine Katasohire, élue de la ville de Butembo, s’est prononcée en faveur d’une rentrée scolaire effective. Selon elle, la reprise des cours doit toutefois aller de pair avec un respect rigoureux des gestes de prévention.
L’élue a notamment cité le dédoublement des classes pour réduire la densité des effectifs, la sensibilisation au sein des communautés et une communication régulière sur l’évolution de l’épidémie. Son intervention rejoint les préoccupations exprimées ces dernières semaines par plusieurs acteurs de l’éducation dans la région, soucieux d’éviter à la fois une année blanche et une aggravation des contaminations en milieu scolaire.
Butembo, un foyer sensible de la 17ᵉ épidémie
Le Nord-Kivu figure parmi les six provinces affectées par cette épidémie, dont l’épicentre demeure en Ituri. À Butembo, la riposte se heurte depuis plusieurs semaines à des résistances communautaires qui compliquent la surveillance et la prise en charge des malades. Ce contexte rend particulièrement sensible la question de la reprise des activités scolaires dans la ville.
Une rentrée organisée selon le niveau de risque
Au niveau national, la ministre d’État à l’Éducation nationale, Raïssa Malu Dinanga, a annoncé le 18 août une rentrée différenciée dans les zones exposées à Ebola. Le dispositif classe les sous-divisions éducationnelles en trois catégories — vertes, oranges et rouges — selon l’intensité de la circulation du virus. Dans dix-huit zones de santé jugées à haut risque, un enseignement à distance léger, reposant sur des fiches pédagogiques imprimées, les radios locales et le suivi des enseignants, doit être déployé durant les premières semaines.
Sur le terrain, plusieurs syndicats et structures éducatives ont conditionné la rentrée à des garanties sanitaires : équipement des écoles en dispositifs de lavage des mains, thermoflashs et désinfectants, ainsi que des assurances des médecins-chefs des zones de santé. Le plaidoyer de la députée Katasohire s’inscrit dans ce débat local, où la volonté de maintenir les enfants à l’école se conjugue à la prudence sanitaire.
Sources : caucus des députés nationaux du Nord-Kivu et déclaration de la députée Jeannine Katasohire (Butembo, 26 août 2026) ; ministère de l’Éducation nationale
