Dialogue national : depuis Libreville, Tshisekedi annonce une adresse à la Nation et plaide pour la cohésion

En visite au Gabon, Félix Tshisekedi a promis de préciser bientôt les contours de son projet de dialogue national, qu’il présente comme la voie vers la cohésion nationale. L’annonce intervient au lendemain de l’expiration de l’ultimatum de la C64, qui appelle désormais à manifester le 15 septembre.
Le président Félix Tshisekedi a annoncé qu’il s’adressera prochainement à la Nation pour préciser les contours de son projet de dialogue national inclusif. Il l’a indiqué à Libreville, le dimanche 16 août 2026, lors d’un échange avec la diaspora congolaise en marge d’une visite au Gabon, selon la cellule de communication de la présidence.
« Dans les jours qui viennent, normalement, je vais m’adresser au peuple congolais pour expliquer les tenants et les aboutissants. Et d’ores et déjà, je peux vous dire que ce dialogue ne ressemblera en rien à tous ceux qu’il y a eu dans notre pays », a déclaré le chef de l’État.
« On ne peut pas diriger ce pays dans la division »
Pour Félix Tshisekedi, le dialogue à venir doit être l’occasion de renforcer la cohésion nationale, qu’il érige en condition du développement du pays.
« Pour développer un pays comme le Congo, il faut qu’il y ait une cohésion nationale. On ne peut pas diriger ce pays dans la division, on ne peut le diriger que dans la cohésion », a-t-il affirmé, selon la présidence, disant avoir « tendu les bras » à tous ceux qui souhaitent participer.
L’annonce prolonge la séquence ouverte le 17 juillet, lorsque le président avait reçu des responsables de la CENCO et de l’ECC, engagés dans une démarche en faveur d’un dialogue entre Congolais.
La C64 durcit le ton
L’intervention présidentielle survient au lendemain de l’échéance que s’était fixée la Coalition Article 64 (C64). Réunie le samedi 15 août, la plateforme d’opposition a jugé insuffisantes les avancées réalisées depuis l’ouverture des consultations avec les Églises.
Plusieurs mesures avaient pourtant été perçues comme des signes de décrispation, notamment la restitution de passeports à certains opposants et le renvoi au Parlement, pour nouvelle délibération, du texte fixant les conditions d’organisation du référendum. Pour la C64, ce renvoi ne constitue « ni le retrait de ce texte ni une renonciation » à un éventuel changement de Constitution.
La coalition, qui rassemble notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata et Delly Sesanga, a annoncé la reprise de ses actions de mobilisation et une marche pacifique nationale le 15 septembre. À Kinshasa, les manifestants doivent converger vers le Palais du Peuple, siège de l’Assemblée nationale.
Le gouvernement rejette toute idée d’ultimatum
Dès la fin juillet, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, avait écarté l’idée qu’une échéance fixée par l’opposition puisse s’imposer au chef de l’État. Selon lui, le président agit en fonction des intérêts du pays et ne saurait se soumettre aux ultimatums des acteurs politiques.
