Gaza : le Parlement ougandais ouvre la voie à un éventuel déploiement de troupes dans la force internationale voulue par Trump

Kampala a franchi jeudi 6 août un pas inédit : les députés ougandais ont approuvé le principe d’un envoi de soldats dans la bande de Gaza, au sein de la Force internationale de stabilisation prévue par le plan de paix américain. Un feu vert conditionnel, dont le calendrier reste incertain.
Le Parlement ougandais a voté jeudi en faveur d’un possible déploiement de l’armée nationale dans la bande de Gaza, si celui-ci s’avérait nécessaire, dans le cadre de la force multinationale envisagée par le plan de cessez-le-feu du président américain Donald Trump. C’est la première fois que Kampala reconnaît publiquement envisager une telle participation.
Une sollicitation venue directement de Washington
Devant les députés, le ministre ougandais de la Défense, Kiryowa Kiwanuka, a expliqué que le président Donald Trump avait, par l’intermédiaire d’émissaires, contacté le chef de l’État ougandais Yoweri Museveni au mois de juillet pour solliciter une contribution de l’Ouganda à cette force internationale. Selon le ministre, le président Museveni se dit prêt à engager un contingent des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF).
La motion, portée par le ministère de la Défense, constitue le premier signal officiel de la volonté de l’Ouganda de rejoindre la Force internationale de stabilisation pour Gaza. Le Maroc a lui aussi promis d’y contribuer.
Un déploiement encore hypothétique
Le vote demeure conditionnel : il autorise un engagement « si nécessaire », et non un envoi immédiat de troupes. Sur le terrain, le plan américain est actuellement au point mort. La Force internationale de stabilisation envisagée à environ 20 000 hommes et placée sous le commandement du général de division américain Jasper Jeffers ne serait déployée qu’au terme d’un retrait progressif des troupes israéliennes. À ce jour, nul ne sait quand, ni même si, cette force verra le jour.
Des voix critiques au sein de l’opposition
La décision n’a pas fait l’unanimité. Plusieurs élus de l’opposition ont interrogé les motivations réelles de Kampala. Le député Hassan Kirumira a averti qu’un tel déploiement soulèverait des « préoccupations diplomatiques » pour un pays membre de l’Organisation de la coopération islamique, s’interrogeant sur le camp que l’armée ougandaise serait amenée à défendre.
Une armée déjà présente sur plusieurs fronts
L’Ouganda revendique une longue tradition de participation aux opérations internationales de maintien de la paix. Ses contingents sont actuellement déployés dans plusieurs pays, dont la Somalie, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo, une présence régionale qui n’échappe pas à l’attention de l’est de la RDC.
Sources: Reuters, Associated Press, PBS, Washington Post.
