Nord-Kivu : le Complexe théicole de Butuhe redémarre et ravive l’espoir des planteurs de Lubero

Après plusieurs années à l’arrêt, le Complexe théicole de Butuhe a repris officiellement ses activités ce lundi 3 août 2026 dans le groupement de Malio, en territoire de Lubero (Nord-Kivu). Une relance saluée comme un tournant économique pour des milliers de cultivateurs de thé, portée par le ministre d’État à l’Agriculture, Muhindo Nzangi Butondo, et assortie d’un plan d’appui à la sécurité alimentaire.
C’est une usine stratégique qui retrouve la vie. Longtemps silencieux, le Complexe théicole de Butuhe a rouvert ses portes lundi, lors d’une cérémonie tenue en présence du ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, et des autorités locales. Pour une région qui a maintenu ses plantations envers et contre l’arrêt de la production, le redémarrage sonne comme une délivrance.
La fin du bradage pour les cultivateurs
Pendant les années de fermeture, les planteurs n’avaient d’autre choix que d’acheminer leurs feuilles vers des centres de traitement éloignés ou de céder la matière brute à vil prix. La reprise de Butuhe met un terme à cette dépendance. Désormais, la récolte locale peut être transformée sur place, ce qui promet de meilleurs revenus aux producteurs et l’ouverture de débouchés d’emploi pour la jeunesse de Lubero.
Les responsables du complexe voient plus loin : l’arrivée annoncée d’experts internationaux doit permettre de moderniser les procédés de transformation et, à terme, de positionner le thé congolais sur les marchés d’exportation.
Un appui direct à la sécurité alimentaire
La relance ne s’est pas limitée au thé. Elle s’est accompagnée de mesures de soutien aux ménages agricoles, avec la distribution de semences vivrières améliorées — maïs, haricot et arachide — à des centaines de producteurs, dans l’objectif de stimuler la production alimentaire de la zone.
Le ministère annonce par ailleurs le déploiement prochain d’un important lot de tracteurs à Kyavinyonge et dans la chefferie des Bashu, afin de renforcer la mécanisation de l’agriculture rurale et les capacités de production des exploitants.
Un symbole pour l’économie du Grand Nord
Au-delà de Butuhe, cette reprise s’inscrit dans la vision gouvernementale de « revanche du sol sur le sous-sol » défendue par le ministre Nzangi, qui fait de l’agriculture un levier de croissance et d’emplois. Pour le territoire de Lubero, elle incarne surtout l’espoir d’une filière théicole enfin capable de retenir sa valeur ajoutée sur place.
Source: Mashariki News
