Salomon Idi Kalonda dénonce un « coup d’État constitutionnel » et critique le silence de la communauté internationale

En marge du Forum parlementaire africain sur le renseignement et la sécurité, tenu vendredi 10 juillet à Addis-Abeba, le sénateur congolais Salomon Idi Kalonda Della a vivement critiqué le projet de réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Il qualifie cette initiative de « coup d’État constitutionnel » et regrette le silence de la communauté internationale face à cette situation.
Addis-Abeba : le sénateur Idi Kalonda met en garde contre un « coup d’État constitutionnel » en RDC
Prenant la parole lors du Forum parlementaire sur le renseignement et la sécurité en Afrique, organisé à Addis-Abeba, en Éthiopie, le vendredi 10 juillet 2026, le sénateur congolais Salomon Idi Kalonda Della a dénoncé ce qu’il considère comme un « coup d’État constitutionnel » en préparation en République démocratique du Congo.
Selon l’élu, l’Afrique est aujourd’hui confrontée à deux formes de coups d’État : les coups d’État militaires, largement condamnés par la communauté internationale, et les coups d’État constitutionnels, qu’il juge plus discrets mais tout aussi dangereux pour la démocratie.
« Les deux formes de coup d’État aboutissent à la confiscation du pouvoir souverain du peuple et doivent être combattues avec la même fermeté », a déclaré le sénateur devant les parlementaires africains réunis dans la capitale éthiopienne.
Salomon Idi Kalonda estime que les réformes constitutionnelles engagées dans certains pays africains, notamment en RDC, peuvent servir à consolider le pouvoir en place au détriment des principes démocratiques. Il a ainsi regretté ce qu’il qualifie de « silence de la communauté internationale » face au débat sur une éventuelle révision de la Constitution congolaise.
Plaidoyer pour des élections crédibles
Au cours de son intervention, le sénateur a également insisté sur la nécessité de garantir des élections transparentes et crédibles sur le continent africain. Selon lui, la confiance des citoyens dans les institutions demeure le fondement de tout processus électoral démocratique.
Il a notamment dénoncé le manque d’indépendance de certaines commissions électorales, l’opacité dans la proclamation des résultats, ainsi que l’utilisation des services de renseignement à des fins politiques.
L’élu a également pointé du doigt certaines pratiques qu’il considère comme de nouvelles formes de fraude électorale, notamment l’invalidation de candidats avant le scrutin ou encore les coupures d’Internet lors de la publication des résultats.
Des propositions pour renforcer l’intégrité électorale
Pour améliorer la transparence des processus électoraux en Afrique, Salomon Idi Kalonda a formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles :
- la création d’une cellule africaine de veille électorale ;
- le développement d’outils numériques sécurisés pour les élections ;
- l’organisation d’audits électoraux transparents ;
- la mise en place d’un mécanisme d’observation parlementaire couvrant l’ensemble du processus électoral.
Pour le sénateur congolais, des élections crédibles constituent un pilier indispensable à la stabilité politique, au développement et à la consolidation de la paix sur le continent africain
